Après plus de 80 kilomètres sur la Rideau Trail, j’ai enfin retrouvé le canal Rideau. À Ottawa, j’ai débuté ma randonnée à l’endroit où le canal se jette dans la rivière des Outaouais, mais il m’aura fallu des kilomètres et des kilomètres de randonnée à travers champ, forêt et marécage avant de rejoindre à nouveau le cours d’eau qui a donné son nom au sentier.

Je suis encore loin de mon objectif de randonnée pour l’année, mais ça m’a semblé comme un accomplissement en soi.

Faut dire que ma randonnée sur cette section du sentier avait plutôt mal commencé. Il m’avait fallu à peine quelques minutes de randonnée en sortant de la forêt Marlborough pour me mouiller complètement les pieds. Puis, alors que la forêt faisait tranquillement place aux champs, je me suis perdue. Je ne trouvais plus les flèches orange, j’ai poursuivi mon chemin à travers le champ et me suis rapidement retrouvée dans la broussaille jusqu’à la taille et les deux pieds dans l’eau, une nouvelle fois.

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Pourtant, de la randonnée dans un champ, ça devrait être facile, non?

Mais bon, je suis malgré tout arrivée à Burritts Rapids. Et là, la Rideau Trail m’a fait traverser pour la première fois la rivière Rideau et son canal.

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Bonjour canal Rideau

Burritts Rapids est un petit hameau tout mignon, l’un des premiers nés sur les rives de la rivière (vers la fin du 18e siècle). Il a conservé plusieurs de ses bâtiments historiques, dont une église construite en 1832. Quand on marche sur la rue principale (que la Rideau Trail suit), on peut d’ailleurs apercevoir les plaques apposées sur chaque maison et bâtiment indiquant leur année de construction et leur importance historique.

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Burritts Rapids est craquant

Le pont pivotant au-dessus du canal date de 1897. Il est activé à la main. Et on peut encore le traverser en voiture (si on n’a pas trop peur de la travée en bois!). Je me suis contentée de le traverser à pied.

La Rideau Trail suit ensuite un long chemin de campagne tranquille. Mais si on ne voit pas toujours le canal, on l’entend et on le sent tout près. Puis on le retrouve de nouveau quand la Rideau Trail nous fait traverser les écluses Nicholsons. Il faisait beau en ce dimanche d’août, les écluses étaient donc plutôt occupées. Je me suis assise quelques minutes pour observer les employés au travail, ouvrant et fermant manuellement les portes pour permettre aux bateaux de poursuivre leur route.

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Prendre quelques moments pour apprécier la vue

En fait, c’est ce qui est fascinant avec le canal Rideau. Il est demeuré intact et a peu changé depuis sa construction dans les années 1830. Aucune de ses écluses n’ont été mécanisées (à part une ou deux exceptions), elles doivent encore toutes être activées à la main. C’est d’ailleurs ce qui vaut au canal d’être reconnu sur la liste du patrimoine mondial de l’UNESCO.

Comme j’ai perdu beaucoup (trop) de temps à observer le canal et ses écluses, j’ai arrêté ma randonnée ce jour-là pour mieux la reprendre au même point quelques jours plus tard. Après les écluses Nicholsons, la Rideau Trail continue à suivre la route en direction de Merrickville. J’ai fait un petit détour pour visiter le cimetière McGuigan sur la route, l’un des plus vieux près du canal et dans l’est ontarien. On y retrouve surtout les tombes des gens qui ont œuvré à la construction du canal, dont près de 50% sont morts de la malaria (et oui, la malaria a déjà existé au Canada).

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Victimes du canal et de ses moustiques

Après, ce sont deux kilomètres faciles vers Merrickville. J’ai déjà écrit sur ce village que j’aime bien, mais j’étais bien heureuse de le retrouver dans le contexte de ma randonnée. Ici aussi, des écluses et des bâtiments historiques, dont un blockhaus, construit pour protéger le canal en cas d’invasion américaine. Le bord du canal, aménagé en parc, est charmant. La rue principale l’est aussi.

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Le blockhaus de Merrickville, vestige d’une autre époque

Après Merrickville, la Rideau Trail monte vers le nord et suit un sentier anonyme pendant quelques kilomètres. Je ne savais pas où j’étais exactement, mais le sentier en forêt était plaisant et tranquille et les triangles orange continuaient à m’indiquer la voie à suivre. J’ai dérangé quelques perdrix et je me suis fait dévorée par les moustiques (j’ai besoin d’un nouveau chasse-moustique), mais je n’ai pas mouillé mes chaussures. Ça aussi, c’est un accomplissement en soi.

J’ai terminé ma randonnée alors que j’atteignais mon centième kilomètre sur la Rideau Trail. Plus que 50 kilomètres à faire pour atteindre mon objectif!

Mon parcours sur la Rideau Trail:

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Rédigé par Vanessa

Voyageuse dans l'âme, lectrice avide et exploratrice passionnée! Franco-Ontarienne, présentement à Casselman, Ontario.

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