Voilà. J’ai fini. Plus tôt cette année, je m’étais donné comme objectif de me rendre jusqu’au bout de la Rideau Trail et il m’aura finalement fallu jusqu’à la toute fin de l’année pour y arriver. Mais j’ai réussi. J’ai parcouru les plus de 330 kilomètres pour atteindre Kingston et la fin du sentier.

Lorsque je me suis fixé cet objectif il y a quelques mois, j’avais l’intention de terminer le sentier avant décembre. J’avais peur que la randonnée devienne plus difficile et moins plaisante une fois la neige installée pour l’hiver. Mais bon, mon année a été plus occupée que prévue (et j’ai peut-être un peu procrastiné), et décembre s’est pointé le bout du nez alors qu’il me restait encore 40 kilomètres à parcourir sur le sentier.

Mais mes premiers kilomètres sur la Rideau Trail à partir de Sydenham m’ont tout de suite rassurée : le sentier s’annonçait plutôt plaisant sous la douce lumière de décembre.

Cataraqui Trail
Décembre sur le sentier

Il faut dire que cette portion du sentier longe à nouveau la Cataraqui Trail, un sentier établi sur un ancien corridor ferroviaire. Le sentier est plat et linéaire et était donc plutôt facile à suivre malgré le mince tapis de neige.

La Cataraqui Trail rejoint éventuellement la K&P Trail, un autre sentier établi sur un ancien chemin de fer. La K&P Trail relie Kingston à Sharbot Lake, plus au nord, et la Rideau Trail suit une partie de son parcours, en direction de Kingston, évidemment. On retrouve quelques panneaux d’interprétation sur la K&P Trail, en plus de bornes indiquant les kilomètres à parcourir avant d’arriver à Kingston. Je pense que c’est à ce moment que j’ai réalisé à quel point j’étais près d’atteindre mon but.

K&P Trail
Neige, glaçons et ciel d’hiver

Lorsque j’ai atteint les frontières de la municipalité de Kingston, j’ai arrêté ma randonnée pour la journée et je suis revenue une semaine plus tard. Décembre nous offrait alors un redoux et la neige avait disparu sur le sentier.

K&P Trail
Quand décembre prend des airs d’octobre

La Rideau Trail a continué à suivre la K&P Trail, en ligne bien droite. Et les bornes ont continué à m’indiquer qu’à chaque pas, je me rapprochais de plus en plus de Kingston. 22 kilomètres, 21 kilomètres, 20 kilomètres… Cette longue portion linéaire du sentier était un peu monotone et j’en ai profité pour réfléchir à tous les kilomètres parcourus depuis Ottawa. Stony Swamp, la forêt de Marlborough, Smith Falls, Perth, Westport, la parc provincial Frontenac, Gould Lake… Que d’endroits magnifiques j’ai pu découvrir grâce au sentier!

Comme pour m’offrir un dernier aperçu des paysages que le sentier m’a offert au court des deux dernières années, la Rideau Trail quitte éventuellement la K&P Trail pour s’enfoncer dans les bois. Elle traverse une terre privée avant de suivre un chemin forestier, bordé de chalets, de fermes et de champs. Puis elle suit un chemin de campagne avant de longer un champ et de s’enfoncer en forêt à nouveau.

Je suis revenue plus tard en décembre pour continuer cette portion. Cette fois la neige était de retour et les branches des arbres croulaient sous son poids. Bien que le sentier fût un peu plus difficile à discerner et que la neige et la glace aient ralenti un peu ma cadence, le sentier enneigé avait un petit quelque chose de magique. J’ai peut-être fredonné Le sentier de neige. Peut-être.

Rideau Trail
Le sentier de neige, si pur et si doux…

Mais il m’a fallu laisser la forêt derrière puisque la Rideau Trail a regagné à nouveau le parcours de la K&P Trail. Cette fois, il était clair que je me rapprochais de Kingston. Il y avait beaucoup plus de gens sur le sentier et je pouvais distinctement entendre le bruit de la circulation. Celui-ci est devenu omniprésent lorsque je suis passée sous l’autoroute 401. Cette fois, j’étais clairement arrivée en ville.

La Rideau Trail n’avait pas tout à fait fini de m’impressionner toutefois. Elle m’a fait traverser le très joli (et très grand) cimetière Cataraqui. Avec ses grands arbres et ses étangs, le cimetière doit être magnifique l’été. C’est là qu’est enterré Sir John A. MacDonald, le premier premier ministre du Canada. Le sentier passe devant sa tombe, of course.

Tombe de Sir John A. MacDonald
Ici git le premier premier ministre du Canada

Puis après être passé par la gare de Kingston (littéralement), le sentier suit quelques rues tranquilles avant de traverser l’aire de conservation Marshlands. Encore une fois, cette section doit être jolie l’été. Sous la grisaille hivernale, elle m’a semblée un peu morne. N’empêche, l’aire de conservation m’a fait oublier pendant quelques kilomètres que j’étais en ville.

Kingston
Marécage sous la neige

Puis j’ai atteint les rives du lac Ontario. Il n’y a pas de mots pour décrire comment je me suis sentie à cet instant. Je suis partie des rives du la rivière des Outaouais il y a un peu moins de deux ans, avec l’objectif un peu fou de marcher jusqu’à Kingston en suivant le canal Rideau. Et plus de 300 kilomètres plus tard, voilà que j’y étais.

Kingston
Prendre du temps pour apprécier le moment

Les sept derniers kilomètres du sentier suivent le bord de l’eau. Parfois le long de sentiers, parfois le long de la route. Je suis passée devant le vieux pénitencier de Kingston et près de l’une des fameuses tours Martello. J’ai ignoré le froid mordant et les jambes qui m’élançaient et j’ai finalement atteint le centre-ville de Kingston, avec son magnifique hôtel de ville. J’avais enfin officiellement atteint la fin du sentier.

La fin.

Je pense que j’ai encore besoin d’un peu de temps pour faire le point sur cette aventure qui se termine. Mais j’ai fini. Et j’en suis bien fière!

Mon parcours sur la Rideau Trail:

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Rédigé par Vanessa

Voyageuse dans l'âme, lectrice avide et exploratrice passionnée! Franco-Ontarienne, présentement à Casselman, Ontario.

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