L’ascension du Pic Johannsen via le sentier Toit-des-Laurentides

L’an dernier, ma belle-sœur Mireille et moi avons parcouru le sentier jusqu’au sommet du mont Kaaikop dans les Laurentides. Ce ne fut pas une randonnée facile, mais nous avons quand même eu beaucoup de plaisir. Nous avons décidé de renouveler l’aventure cette année, cette fois en nous attaquant au plus haut sommet des Laurentides : le pic Johannsen.

Il existe différentes façons de se rendre au sommet du pic Johannsen, entre autres en suivant l’un des nombreux sentiers du Centre de Villégiature Tremblant. Mais Mireille et moi avons décidé de passer par le parc national du Mont-Tremblant, en suivant le sentier Toit-des-Laurentides. Je n’étais encore jamais allée au parc national du Mont-Tremblant alors je me suis dit que c’était la parfaite opportunité pour utiliser ma nouvelle carte annuelle de la Sépaq.

Parc national du Mont-Tremblant
La randonnée débute au stationnement de la Sablonnière

Le pic Johannsen a été nommé en l’honneur de Herman Smith-Johannsen, pionnier du ski au Québec que l’on surnommait « Jackrabbit ». Johannsen a ouvert plusieurs pistes de ski dans les Laurentides et a inlassablement fait la promotion du ski et des activités de plein air durant toute sa vie. C’est un bel hommage que la plus haute montagne de la région porte son nom.

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La randonnée aller-retour vers le sommet du pic Johannsen totalise 14 kilomètres avec un dénivelé de 595 mètres (le sommet lui-même a 935 mètres d’altitude). Nous savions que la randonnée allait être un défi, mais nous étions prêtes. Du moins, c’est ce que nous croyions…

Pic Johannsen
En route vers le plus haut sommet de la région!

Les premiers mètres nous ont rapidement permis de nous rendre compte que la randonnée ne serait vraiment pas facile. Il a plu beaucoup dans les derniers jours et le sentier était très boueux et recouvert d’eau par endroits. Les feuilles des arbres sont aussi toutes tombées et couvraient le sentier (et les portions inondées), rendant la progression encore plus difficile.

Et moins de 300 mètres après notre départ, nous avons dû traverser un ruisseau qui avait été passablement gonflé par les récentes pluies. L’eau rugissante nous a même fait douter un peu de notre volonté à nous rendre au sommet du pic Johannsen.

Sentier Toit-des-Laurentides
Le « petit » ruisseau qu’il nous a fallu traverser

Mais Mireille et moi sommes têtues, et après nous être fait à l’idée que nous ne pourrions sans doute pas garder nos pieds au sec, nous avons bravé la boue, l’eau et le temps maussade et continué notre montée.

Et notre entêtement a porté fruit parce que nous avons atteint le joli ruisseau des Pruches et ses multiples chutes et cascades. Le grondement des eaux tumultueuses du ruisseau nous a accompagnées pendant près de deux kilomètres alors que nous montions tranquillement vers le sommet.

Ruisseau des Pruches
Les torrents du superbe ruisseau des Pruches

La montée ne nous a pas paru trop difficile ou trop technique. La boue et l’eau nous causaient quelques problèmes, mais le sentier en lui-même ne semblait pas trop compliqué. En fait, nous étions plutôt fières de notre rythme. Ici et là, entre les arbres dénudés, nous pouvions voir s’élever un sommet et nous nous demandions si c’était lui, le pic Johannsen (spoiler alert : c’était effectivement le pic Johannsen).

Pic Johannsen
Entre les arbrres, la silhouette du sommet du pic Johannsen

Nous avons éventuellement traversé le ruisseau des Pruches sur un petit ponceau. C’est après que la randonnée est devenue un peu plus ardue. La montée s’est faite plus soutenue et le sentier semblait s’être transformé en petit ruisseau. Nos pieds étaient complètement mouillés, et notre seul souci à ce point était de ne pas glisser dans la boue.

À mesure que nous nous prenions de l’altitude, la forêt s’est mise à changer. Nous avons laissé les arbres feuillus derrière nous pour une forêt composée principalement de conifères. Malgré la météo maussade, la forêt et son tapis de lichens avait presque des airs de contes de fée.

En route vers le pic Johannsen
Sombre forêt, magnifique forêt

Un peu avant d’arriver au sommet, les arbres se sont éclaircis et nous ont permis de prendre la mesure de notre ascension. Devant nous, s’étendait la vallée de la Diable. Nous sommes restées bouche bée devant ce paysage. Quelques mètres plus loin, une autre ouverture entre les arbres nous a offert un autre point de vue sur le vaste paysage des Laurentides.

Vue depuis le pic Johannsen
Petit point de vue sur la vallée de la Diable

Petit avis ici : ces points de vue sont les seuls offerts sur tout le sentier. Nous le savions, mais nous avons croisé d’autres randonneurs qui semblaient étonnés (et plutôt découragés) lorsque nous leur avons dit qu’il n’y avait pas de point de vue au sommet. Alors profitez bien de chaque petit moment où vous pouvez apercevoir le paysage!

Nous commencions à avoir les jambes fatiguées mais il nous restait encore quelques mètres à parcourir avant d’arriver au sommet. J’espérais que l’eau se ferait plus rare à mesure que nous nous rapprochions du sommet, mais ce ne fut pas le cas. Le sentier était inondé jusqu’à la toute fin.

Le sommet est un tout petit peu décevant comme il n’y a pas de point de vue, mais c’est une randonnée qu’on fait d’abord et avant tout pour le sentiment d’accomplissement. Nous avions atteint le sommet le plus élevé des Laurentides, c’est quand même pas mal!

Sommet du pic Johannsen
Une pancarte défraichie marque le sommet

Il parait qu’on retrouvait auparavant une tour à feu sur le sommet, mais aujourd’hui se trouve une plaque commémorative qui marque les 100 ans des parcs nationaux. Derrière la plaque, se trouverait un message écrit par Gilles Vigneault et dédié aux enfants de 2095.

Comme il reste encore beaucoup de temps à attendre avant 2095, Mireille et moi avons décidé d’amorcer la descente, qui se fait par le même sentier. Avec la boue et l’eau il nous a fallu prendre notre temps, mais petit à petit nous sommes redescendues vers le stationnement de la Sablonnière. Nous étions éreintées et nos bottes de randonnées étaient pleines de boue et complètement éreintées, mais nous étions tout de même fières d’avoir conquis le sommet du pic Johannsen!

Pic Johannsen :
Altitude : 935m
Dénivelé : 595m
Sentier (aller-retour) : 14,6 km
Accès : Stationnement de la Sablonnière, parc national du Mont-Tremblant

Pour d’autres récits d’ascension de montagne, consultez ma page Randonnées en montagne.

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