Randonnée au parc provincial Mashkinonje

Je reviens tout juste d’un court séjour au chalet dans la municipalité de Nipissing Ouest, dans le nord de l’Ontario. J’étais plus précisément dans le petit village de Lavigne, qui se situe à l’ouest du grand lac Nipissing et, surtout, à une quinzaine de minutes au nord du parc provincial Mashkinonje.

Le parc provincial Mashkinonje est un parc provincial non-opérationnel, un peu comme celui de Burnt Lands près d’Almonte que j’ai visité il y a quelques semaines. Cela signifie qu’on n’y trouve aucune des infrastructures habituelles d’un parc provincial (stationnement, toilettes, bureau d’information, etc.), mais comme il s’agit d’une terre publique, il est quand même possible d’y accéder. Alors il fallait que j’aille l’explorer, bien entendu.

« Mashkinonje » est le nom ojibway du maskinongé, l’un des plus gros poissons qu’on retrouve dans le lac Nipissing. Le lac et sa baie ouest entoure d’ailleurs le parc qui compte plusieurs milieux humides d’importance, entrecoupés de crêtes de granite et de secteurs boisés. Un véritable paradis pour les amateurs de nature… et de randonnées!

Parc provincial Mashkinonje
À la découverte du parc provincial Mashkinonje

D’ailleurs, même si le parc provincial Mashkinonje est non-opérationnel, il comprend 10 sentiers, totalisant près de 35 kilomètres. Avec ma belle-sœur Mireille, j’ai parcouru cinq de ces sentiers en deux jours de randonnée, que je vous décris ci-dessous.

Sentier Martin Pond

Trouver le stationnement donnant accès au sentier Martin Pond s’est en soi avéré une aventure. Il nous a fallu emprunter une petite route de gravier qui ne porte pas de nom, afin d’arriver à un tout petit espace dégagé que nous avons assumé (avec raison) être le stationnement. Une balise bleue sur une arbre indiquant le début du sentier, ainsi qu’une carte du secteur, nous ont permis de deviner que nous étions au bon endroit.

Dès les premiers mètres sur le sentier, nous avons réalisé que la randonnée ne serait pas facile pour deux raisons. La première, parce que le sentier semble peu emprunté et peu entretenu, de sorte qu’il fallait nous frayer un chemin parmi les broussailles qui nous arrivaient jusqu’à la taille. À quelques endroits, il y avait aussi des arbres tombés sur le sentier qu’il fallait contourner. Disons que j’étais bien contente de porter des pantalons et des manches longues.

Sentier Martin Pond
Un sentier couvert de broussailles

La deuxième raison, c’est parce qu’il y avait beaucoup de mouches à chevreuil. Beaucoup. BEAUCOUP. Je ne crois pas en avoir vu autant lors d’une randonnée. Nous nous sommes couvert la tête et aspergées de chasse-moustique, mais il n’y avait rien à faire, elles nous tournaient incessamment autour à tel point que nous nous sommes demandé si elles allaient finir par nous rendre folles.

D’ailleurs, une bonne partie de mes photos du sentier sont inutilisables parce que des mouches obstruaient la lentille. SANS BLAGUE.

Mouches au parc provincial Mashkinonje
À l’arrière-plan: le Martin Pond. À l’avant-plan: les mouches!

Est-ce bizarre de dire que la randonnée nous a plu quand même? Il faut dire que même si le sentier était parfois complètement couvert, il est tout de même bien balisé. Une fois qu’on s’habitue aux hautes broussailles et à repérer les balises bleues, il n’est pas trop difficile à suivre. Une longue passerelle en bois au milieu de la forêt donnait presque l’impression d’avoir découvert un passage secret en territoire sauvage du Nipissing Ouest.

Sentier Martin Pond
Passerelle sous les arbres

Le sentier Martin Pond effectue une boucle de 4 kilomètres autour d’un étang (est-ce l’étang Martin?), mais comme il rejoint le sentier Pebble Beach, nous avons décidé d’emprunter celui-ci aussi afin de rallonger notre randonnée de la journée.

Sentier Pebble Beach

Le sentier Pebble Beach nous a permis de prendre un peu d’élévation, comme il suit une crête rocheuse le long du Bras ouest du lac Nipissing. S’il n’y avait pas eu de mouches, cette randonnée aurait été parfaite. J’adore faire de la randonnée sur des crêtes rocheuses avec de bonnes montées et descentes. De plus, ce secteur nous a sans doute offert les plus jolies vues du parc.

Sentier Pebble Beach
Le bras ouest du lac Nipissing

Et comme nous étions à la mi-juillet, nous avons été enchantées de découvrir plusieurs buissons de bleuets sur les crêtes rocheuses. Et qu’y a-t-il de meilleur que des bleuets sauvages?

Le sentier porte le nom de la plage Pebble, que nous avons rejointe à mi-parcours. J’avoue avoir été tenté de me plonger dans l’eau froide du lac afin de fuir les mouches. À la place, nous n’avons même pas oser prendre une pause et nous avons continué en vitesse notre randonnée

Le sentier (qui fait 3,4 kilomètres) nous a éventuellement ramenée au sentier Martin Pond, que nous avons continué à suivre pour revenir au stationnement. En tout, la randonnée sur les deux sentiers a totalisé 7,4 kilomètres (avec un dénivelé de 140 mètres).

Sentier Loudon

Peut-être sommes nous un peu masochistes, mais Mireille et moi avons décidé de revenir au parc provincial Mashkinonje deux jours plus tard. Cette fois, nous avons décidé d’explorer le secteur est du parc, situé à l’est de la route 64. Le stationnement a été plus facile à trouver (une pancarte avec le nom du parc indique l’accès). Je crois que le sentier Loudon est le plus fréquenté du parc. On y trouve un pavillon avec des tables de pique-nique, des toilettes et même quelques tableaux d’interprétation. Quand même pas mal pour un parc non-opérationnel!

Sentier Loudon
Jour 2 de randonnée: cette fois sur le sentier Loudon

Le sentier s’attarde autour des tourbières du bassin Loudon, un milieu humide d’importance provinciale. Le premier kilomètre a été plutôt facile à suivre (il est même accessible aux personnes à mobilité réduite). Les kilomètres suivants ont été plus semblables à la randonnée précédente. Crêtes rocheuses, un peu d’élévation, sentiers perdus dans la broussaille, beaucoup de bleuets sauvages.

Parc provincial Mashkinonje
Matin tranquille au parc provincial Mashkinonje

Le sentier mène éventuellement à une grande tour d’observation. Du haut de la tour, le paysage de tourbière s’étendait à perte de vue. De toute beauté.

Sentier Loudon
Une tourbière à perte de vue

Et les mouches? Elles nous ont paru moins pénibles. Peut-être y en avait-il moins. Peut-être que nous étions habituées à ce point-là.

La randonnée sur le sentier Loudon (en comptant l’aller-retour vers la tour d’observation), fait environ 5 kilomètres.

Sentier Samoset

Comme nous avions encore de l’énergie après la randonnée sur le sentier Loudon, nous avons décidé d’explorer un autre secteur du parc. Cette fois, nous avons mis le cap sur le sud du parc, vers un autre terrain de stationnement le long de la route 64, donnant accès au sentier Samoset.

Le sentier Samoset fait 3,4 kilomètres mais il nous a apparu un peu plus long. La randonnée fut un peu plus pénible que sur les autres sentiers. Peut-être que nous commencions à manquer d’énergie. Peut-être que nous commencions à en avoir marre des mouches et des sentiers broussailleux.

Sentier Samoset
Difficile sentier Samoset

Le sentier passe par des secteurs boisés et des crêtes rocheuses, mais aussi près de quelques marécages. Pour la première fois, nous avons dû traverser des sections inondées et boueuses. Disons que j’ai dû effectuer le reste de la randonnée avec des chaussures mouillées.

Fait intéressant, une section du sentier Samoset fait partie du fameux sentier transcanadien.

Sentier Lapin Beach

Après le sentier Samoset, le sentier Lapin Beach nous a apparu comme une bouffée d’air frais. D’une longueur de 1,4 kilomètre, il effectue une boucle qui passe par la plage Lapin. Un bon vent provenant de la baie Warren a, pour un instant, chassé tous les moustiques et toutes les mouches à chevreuil. Une pause bienvenue, avant que la boucle nous ramène au sentier Samoset qu’il a fallu suivre à nouveau pour revenir vers notre voiture.

Sentier Lapin Beach
Bel endroit pour prendre une pause

La randonnée sur le sentier Lapin Beach jumelée à l’aller-retour sur le sentier Samoset a totalisé près de 7 kilomètres (avec un dénivelé de 82 mètres).

À savoir avant d’y aller

Il existe d’autres sentiers dans le parc (le plus long fait 5,4 kilomètres) qu’il est possible de jumeler afin de créer de longues boucles si vous avez envie d’y passer la journée. Le camping sauvage est permis à certains endroits (mais pas sur les plages).

Bien que broussailleux et non entretenus, les sentiers nous ont semblé bien balisés partout. À chaque intersection de sentiers, les noms de ceux-ci sont indiqués, et on y trouve habituellement une carte du secteur.

Nous avons vu plusieurs traces indiquant la présence d’ours et d’orignaux, donc il vaut mieux s’équiper d’une clochette à ours.

Et n’oubliez surtout pas votre chasse-moustique.

Parc provincial Mashkinonje
Beauté sauvage

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