L’ascension des monts Haystack et McKenzie à Saranac Lake

Pendant mon séjour à Saranac Lake dans les Adirondacks, je m’étais donné comme objectif d’essayer de faire toutes les randonnées du défi 6er de Saranac Lake. J’ai atteint le sommet de deux des six montagnes (St. Regis et Ampersand) lors de ma première journée, et le lendemain, je visais atteindre deux autres sommets : les monts Haystack et McKenzie.

Les monts Haystack et McKenzie sont situés à`l’ouest du village de Saranac Lake, dans la McKenzie Mountain Wilderness. Les deux montagnes sont reliées par un même sentier et il existe deux façons d’y accéder : soit via un petit stationnement situé le long de la route 86, près de Saranac Lake, soit par le Jack Rabbit Trail près de Lake Placid. Comme j’étais à Saranac Lake, j’ai opté pour la première option (mais avec du recul, je pense que la seconde option aurait été plus courte… et peut-être plus facile).

J’avais randonné plus de 20 kilomètres la veille et mes jambes étaient encore un peu éreintées quand je suis arrivée au sentier. Mais j’avais toute la journée devant moi et je m’étais dit que je prendrais tout le temps qu’il me faudrait pour atteindre les sommets.

Sentier Mont Haystack et Mont McKenzie
En route vers les monts Haystack et McKenzie!

Mont Haystack

Il existe deux montagnes qui portent le nom de Haystack dans les Adirondacks. L’une fait partie des High Peaks et est la troisième plus haute montagne de l’état de New York. L’autre, près de Saranac Lake (et vers laquelle je me dirigeais), est un peu plus petite (877 mètres d’altitude) et un peu plus facilement accessible.

J’avais décidé que je commencerais tout d’abord ma randonnée par le mont Haystack avant de me diriger vers McKenzie, afin de commencer par le sommet le plus près et le moins élevé. Le sentier vers le sommet du mont Haystack fait 5 kilomètres (aller seulement) et ça me paraissait un premier objectif réaliste malgré mes jambes fatiguées.

Sentier vers le mont Haystack
Un autre beau matin d’automne dans les Adirondacks

Heureusement pour moi, la randonnée a commencé en douceur. Sur plus de trois kilomètres, le sentier serpente en forêt, avec de très légères montées et descentes. La forêt mixte était bien jolie avec ses couleurs d’automne. Le sentier, lui, me semblait un peu plus étroit et moins fréquenté que celui des monts St. Regis et Ampersand.

Le sentier descend éventuellement pour rejoindre le ruisseau Ray Brook et le longe pendant quelques mètres. J’ai beaucoup aimé cette section. Le bruit des petites cascades du ruisseau accompagnait chacun de mes pas sur le sentier.

Ruisseau Ray Brook
Le ruisseau Ray Brook et ses petites cascades

C’est le long du ruisseau que se trouve l’embranchement du sentier vers le mont Haystack (qui continue à longer le ruisseau) et de celui vers le mont McKenzie (qui s’enfonce tout droit dans la forêt). Après encore quelques mètres à suivre le ruisseau, le sentier m’a éventuellement fait traverser celui-ci. Et c’est là que la vraie montée a commencé.

Montée vers le sommet du mont Haystack
On monte!

Cette montée abrupte offre peu de répits, et elle était rendue un peu plus difficile par toutes les feuilles tombées qui couvraient les rochers et racines. Et j’avoue que c’est là que la fatigue de mes jambes a commencé à se faire sentir. J’ai dû prendre plusieurs pauses pour reprendre mon souffle.

Heureusement, cette montée abrupte n’est pas très longue et la vue s’est soudainement dégagée devant moi. J’avais atteint le sommet du mont Haystack.

Sommet du mont Haystack
Premier sommet de la journée: le mont Haystack

Le sommet offre une vue superbe sur le mont Whiteface et sur la région des High Peaks. Ce fut l’endroit parfait pour prendre une longue pause afin de reposer mes jambes et de me préparer pour le reste de la randonnée.

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Mont McKenzie

Après cette pause, j’ai continué à suivre le sentier, pour redescendre le flanc nord de la montagne, en direction du mont McKenzie. Je pouvais apercevoir celui-ci entre les arbres et j’avoue que j’ai été tentée de rebrousser chemin pour retourner à mon point de départ. Le mont McKenzie m’apparaissait soudainement bien imposant et bien haut, et j’étais épuisée juste à le regarder.

Mont McKenzie
Droit devant, le mont McKenzie

C’est donc un peu moins enthousiaste que j’ai poursuivi ma randonnée. Heureusement, la descente du mont Haystack fut plutôt facile et j’ai atteint le Jack Rabbit Trail, un sentier de ski de fond assez plat qui m’a menée jusqu’à l’intersection avec le sentier menant au mont McKenzie.

J’ai pris une grande bouffée d’air pour me donner un peu de courage, puis j’ai amorcé ma montée. Au début, celle-ci n’était pas trop difficile. Le sentier était recouvert d’eau et de boue par endroits, mais je pouvais sauter de pierres en pierres pour garder mes pieds au sec.

Puis la montée s’est faite de plus en plus abrupte et est devenue de plus en plus technique et difficile. Le sentier prend beaucoup d’élévation rapidement, et j’ai dû travailler fort pour monter, en devant parfois m’agripper à des rochers avec mes mains. Je n’ai pas vraiment l’habitude des sentiers techniques et cette montée représente peut-être l’une des plus difficiles que j’ai fait jusqu’à maintenant.

Montée vers le sommet du mont McKenzie
Roches, boues et racines

Cette montée m’a paru interminable et un peu pénible, mais le sentier a fini par arrêter de prendre de l’élévation et j’ai pu reprendre mon souffle un peu. Je n’avais pas encore atteint le sommet officiel de McKenzie. En fait, la montagne compte cinq sommets et le sentier m’a fait descendre et monter ceux-ci. Le sentier a continué à offrir quelques sections abruptes, mais à ce point-là, je n’étais plus surprise et j’avoue que j’avais juste hâte d’en finir.

Sommet du mont McKenzie
Conifères et tapis de mousse près du sommet

Petite mention ici que c’est à cet endroit que j’ai croisé Alexandre de Paddle & Hike (c’est toujours chouette de rencontrer d’autres francophones aux États-Unis!). Alexandre est un habitué des randonnées et des défis dans les Adirondacks et j’avoue que de parler des autres montagnes du coin avec lui m’a redonné un peu de motivation.

Il me restait d’autres montées techniques à faire, d’autres sections boueuses à traverser, d’autres rochers à escalader, mais j’ai fini par atteindre le sommet! Celui-ci est identifié par un simple panneau sur un arbre. Quelques corniches rocheuses tout près offre toutefois une vue sur les environs.

Sommet du mont McKenzie
Deuxième sommet de la journée: le mont McKenzie

À 1 164 mètres d’altitude, le mont McKenzie est le plus élevé du défi 6er. Il est toutefois quelques mètres trop bas pour faire partie des fameux 46ers (les 46 sommets les plus élevés les Adirondacks). Mais pour moi, après tous ces kilomètres difficiles, atteindre ce sommet me semblait une réalisation impressionnante.

J’ai amorcé la descente et celle-ci a été longue et, évidemment, un peu pénible. J’avais vraiment mal aux genoux, les jambes très éreintées, les bottes pleines de boue, et le niveau d’énergie à plat. Le retour m’a paru interminable et j’ai presque crié de joie quand j’ai finalement aperçu ma petite voiture dans le stationnement, neuf heures (!!) après avoir commencé ma randonnée.

En tout, j’ai randonné 23 kilomètres avec un dénivelé positif de 1 046 mètres. Pour moi, qui n’a pas tant l’habitude des randonnées plus difficile en montagne, ça représente tout un exploit. Avec du recul, je pense que faire cette randonnée alors que je n’étais pas suffisamment reposée ne m’a pas permis de pleinement apprécier l’expérience. Mais j’avais maintenant 4 sommets du défi 6er à mon actif, et ça, ça me rendait pas mal fière.

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