L’ascension de Nevado de Toluca au Mexique

J’ai beaucoup aimé explorer la ville de Mexico, mais j’ai eu envie de profiter de ce premier voyage au Mexique pour faire de la randonnée. Et j’ai décidé de m’offrir un défi de taille : celui de monter jusqu’au sommet de Nevado de Toluca, la quatrième montagne la plus élevée du pays.

Situé dans l’état de Mexico, près de la ville de Toluca, Nevado de Toluca est un volcan inactif, reconnu pour sa magnifique caldera où on retrouve deux lagons alpins. Comme la montagne est située à une distance raisonnable de Mexico City, c’est un endroit très populaire auprès des randonneurs.

Mais à une élévation de plus de 4 000 mètres, la randonnée vers le sommet de Nevado de Toluca n’est pas à prendre à la légère! C’est la première fois que je m’aventurais à une aussi haute altitude et j’étais donc un peu nerveuse de voir si j’allais être capable de me mesurer à de telles conditions.

Entrée de Nevado de Toluca
L’arrivée à Nevado de Toluca

***Comme je voyageais seule au Mexique, j’ai fait affaires avec la compagnie Mexico Travesías pour pouvoir faire cette randonnée. Cette compagnie offre des excursions de randonnée en montagne avec des guides expérimentés. J’ai bien aimé mon expérience et les recommande chaleureusement. ***

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L’arrivée

En compagnie de notre guide Allan, notre petit groupe de quatre randonneurs a quitté Mexico City tôt un samedi matin, en direction de Nevado de Toluca, situé au sud-ouest de la capitale. La route nous a pris un peu moins de deux heures, et après avoir payé le frais d’accès et garé la voiture dans le stationnement à la base de la montagne, nous sommes embarqués dans une camioneta qui allait nous amener jusqu’au début du sentier.

La route en gravier monte en lacets sur le flanc de la montagne et cette montée cahoteuse m’a un peu donné le mal des transports. Mais en arrivant à l’entrée du sentier, j’ai vite oublié ma nausée et mes anxiétés. Je me trouvais à plus de 4000 mètres d’altitude, le plus haut où je ne me suis jamais rendue. Devant moi, s’étendait la vallée de Toluca (en partie recouverte d’une épaisse couche de smog).

Vallée de Toluca
Jolie vue sur le smog dans la vallée

Notre guide nous avait prévenu : le vent à cette altitude est cinglant et glacial. Je m’étais habillée chaudement, mais ça m’a quand même surprise. J’ai aussi été étonnée par l’aspect presque désertique des environs. C’est d’ailleurs l’une des raisons pour lesquelles le Nevado de Toluca est une zone protégée. On y trouve une faune et une flore uniques, adaptées aux conditions extrêmes de ce climat alpin.

Paysage à Nevado de Toluca
Randonnée dans un paysage alpin

La randonnée a commencé avec une montée légère et tout de même assez courte (environ 800 mètres). Une montée que j’aurais trouvé bien facile dans d’autres circonstances, mais que j’ai trouvé un peu plus ardue en raison de l’altitude. L’oxygène se fait plus rare en haute altitude et je pouvais sentir que j’avais un peu plus de difficulté à rattraper mon souffle qu’à l’habitude. Notre guide s’est assuré que nous montions lentement, tout en vérifiant régulièrement que nous ne développions pas de symptômes liés au mal aigu des montagnes.

Montée facile vers le cratère de la montagne

Puis après ce qui m’a semblé une très lente montée, nous sommes arrivés au Paso del Quetzal, et nous avons pu obtenir notre premier point de vue sur la caldera et le sommet du Nevado de Toluca. Wow!

Caldera de Nevado de Toluca
Devant moi, la magnifique caldera de Nevado de Toluca
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Le Laguna de la Luna et la montée

Pour beaucoup de gens qui visitent l’endroit, le Paso del Quetzal est la destination finale de cette randonnée. Pour nous, ce n’était que le début.

Il existe différentes façons de se rendre au sommet. Certaines personnes entreprennent à ce point la montée vers la crête rocheuse du cratère du volcan. Nous avons plutôt commencé en descendant vers l’un des lagons, le Laguna de la Luna (Lagon de la Lune). Celui-ci est le plus petit des deux.

Laguna de la Luna
Descente dans le cratère vers le Laguna de la Luna

Il paraît que les peuples préhispaniques vénéraient les lagons et y déposaient souvent des offrandes. Il est facile de comprendre pourquoi. Dans le paysage lunaire, l’eau crystalline détonne et l’endroit est particulièrement photogénique.

Laguna de la Luna
Tout simplement magnifique

Il y avait plusieurs randonneurs près de la Laguna de la Luna. L’une des randonnées les plus populaires de l’endroit est d’ailleurs celle consistant à faire le tour des deux lagons. Mais nous avions un objectif un peu plus ambitieux. Donc après avoir contourné le lagon de la Lune, nous avons commencé à monter vers la crête rocheuse du cratère.

Cette montée a été un peu plus ardue que la première. Le gain en élévation était un peu plus prononcé, et le sentier poussiéreux donnait par moments l’impression de monter sur un sol sableux et instable. Mais plus je montais, plus le paysage devenait impressionnant. J’ai commencé à obtenir une meilleure vue du Laguna del Sol (Lagon du Soleil), puis à l’horizon à l’est, j’ai pu apercevoir les silhouettes distinctives de Popocatépetl et Iztaccíhuatl, les deuxième et troisième montagnes les plus élevées du Mexique.

Montée à Nevado de Toluca
Au loin, la silhouette d’autres montagnes élevées du Mexique

Nous avons pris une autre pause une fois que nous sommes arrivés sur la crête du cratère. Je me sentais fatiguée, mais j’avais l’impression que mon corps composait bien jusqu’à maintenant avec la haute altitude. Nous nous trouvions alors à une élévation de près de 4 500 mètres.

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La crête et le sommet… ou presque

Jusqu’à ce point, la randonnée ne m’avait pas paru extrêmement difficile. Oui, je pouvais sentir l’impact de l’altitude et du manque d’oxygène, mais j’avais l’impression que le sentier n’avait pas été très technique jusqu’à ce point. Les choses allaient toutefois changer.

En progressant sur la crête du cratère, j’ai réalisé que nous nous dirigions vers un escarpement rocheux. Le sentier semblait s’arrêter à cet éboulis de pierres, et j’avais de la difficulté à voir par où nous allions continuer à monter.

Crête de Nevado de Toluca
Devant nous, la crête accérée de la montagne

À un moment, Allan nous a dit de ranger nos bâtons de randonnée, et de revêtir notre casque. Parce que pour les prochains kilomètres jusqu’au sommet, nous allions avoir besoin de nos mains afin de pouvoir monter de rocher en rocher.

J’avoue avoir commencé à devenir un peu plus anxieuse à ce moment-là. J’aime beaucoup randonner en montagne, mais mon expérience avec les randonnées techniques est très limitée (le mont McKenzie dans les Adirondacks est peut-être l’une des montées les plus techniques que j’ai faites à ce jour). Mais trop tard pour reculer, alors j’ai continué à suivre le groupe, et je me suis mise à grimper sur les rochers.

Partie technique et rocheuse du sentier
La randonnée est soudainement devenue plus technique

Nous avons donc continué à monter lentement sur la crête rocheuse. Celle-ci compte quelques sommets, et nous en avons contourné trois, en route vers le plus élevé de ceux-ci, le Pico del Fraile (à 4 680 mètres d’altitude). Il fallait utiliser nos mains et suivre la règle des « trois points d’appuis » pour garder notre équilibre, mais j’ai été étonnée de réaliser que je pouvais continuer à progresser sans trop de difficultés.

Sentier vers le sommet de Nevado de Toluca
Avancée lente, mais on s’approche!

Puis, après avoir contourné un autre sommet rocheux, le Pico del Fraile est apparu devant nous. Nous nous trouvions alors à une altitude de 4 600 mètres et il nous restait moins d’un kilomètre à faire avant d’atteindre le point ultime de notre randonnée. Le sommet me semblait si près…

Sommet Pico del Fraile
L’objectif ultime, droit devant nous!

Sauf que… sauf que c’est à ce moment qu’une personne de notre groupe à commencer à se sentir vraiment inconfortable et à ressentir quelques symptômes dus au mal des montagnes. Nous avons pris une longue pause, pour lui donner le temps de se reposer et de s’acclimater à l’altitude. Nous avons ensuite tenté de continuer à monter, mais quelques mètres plus tard, il a fallu se rendre à l’évidence que les choses ne s’amélioraient pas.

Comme le mal aigu des montagnes est un syndrome à prendre au sérieux, il était malheureusement impossible pour nous de poursuivre la montée. J’étais déçue de devoir rebrousser chemin, si près du sommet, mais en même temps, incroyablement fière de m’être rendu jusqu’à ce point. Après un dernier regard sur le magnifique paysage, nous avons commencé à redescendre.

Laguna del Sol
Le Laguna del Sol, vu du (presque) sommet
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Le Laguna del Sol et la descente

Nous avons tranquillement redescendu le long de la crête rocheuse, en empruntant le même chemin et en continuant à nous aider de nos mains et de nos pieds. Puis, une fois la partie technique complétée, nous avons repris nos bâtons de randonnée, et Allan nous a fait emprunter un autre sentier, afin de redescendre près du Laguna del Sol.

Laguna del Sol
À nouveau dans le cratère, cette fois près du lagon du Soleil

C’est en descendant de la crête du volcan que j’ai réalisé à quel point j’étais fatiguée et nauséeuse. Je pense que sous l’effet de l’adrénaline, je n’ai pas réalisé que moi aussi, j’avais quelques symptômes liés au mal des montagnes. Les symptômes se sont améliorés à mesure que je descendais, mais je commençais à avoir plutôt hâte d’en avoir fini avec la randonnée.

Je n’ai donc peut-être pas pleinement profité de la beauté majestueuse du lagon du Soleil. Les eaux scintillantes du lagon et la crête rocheuse en arrière-plan donnaient l’impression de sortir tout droit d’une carte postale.

Laguna del Sol et la crête du cratère
J’ai encore de la difficulté à croire que je me suis rendue jusqu’au haut de cette crête rocheuse

Nous avons contourné le Laguna del Sol, puis nous avons eu une dernière montée à faire pour atteindre à nouveau le Paso del Quetzal et complété la boucle. Cette montée a sans doute été le moment le plus pénible de la randonnée pour moi. J’étais complètement vidée d’énergie et à bout de souffle.

Puis nous avons regagné notre point de départ, et sommes redescendus de la montagne à bord d’une camioneta (dans laquelle le mal des transports m’a assailli avec une telle vigueur que ça m’a pris de longues minutes par la suite avant que la nausée ne disparaisse).

Je suis revenue à Mexico City complètement épuisée et encore un peu étourdie et nauséeuse, mais vraiment fière de l’exploit accompli. Je n’ai pas tout à fait atteint le sommet du Nevado de Toluca, mais j’ai parcouru plus de 9 kilomètres à haute altitude, dans un paysage qui me semblait comme sorti droit d’un autre monde. Cette randonnée restera longtemps gravée dans ma mémoire. Et peut-être qu’un jour, je reviendrai pour essayer à nouveau d’atteindre le sommet de Nevado de Toluca.

Une randonnée dont je me souviendrai longtemps

3 commentaires

    1. Yes, it was a really beautiful day for that hike! A bit chilly up there, but still enjoyable! Thanks for reading Maggie!

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