J’ai pris la route récemment pour une autre semaine de randonnée et camping aux États-Unis. Nous avions comme plan de passer une semaine au Vermont et pour nous y rendre, nous avons décidé de longer le lac Champlain en passant par l’état de New York. Sur la route, nous avons fait un arrêt un Fort Ticonderoga.
En fait, il faut que j’avoue que notre plan initial était d’aller faire un peu de randonnée dans les Adirondacks avant de nous diriger vers le Vermont. Mais des pluies abondantes survenues les jours précédents avaient forcer la fermeture de quelques routes dans le secteur (dont celle menant au sentier que nous voulions suivre) et nous avons dû modifier nos plans. Comme nous devions passer par Ticonderoga, nous avons alors décider d’en profiter pour nous y arrêter et visiter son fameux fort historique.
Sans avoir trop d’attentes, nous avons mis le cap vers le fameux fort. Nous avons sourcillé un peu lorsqu’il nous a fallu payer le prix d’entrée (près de 30$US, par personne), mais comme nous aimons habituellement visiter des lieux historiques, nous nous sommes dit que cet arrêt au Fort Ticonderoga en vaudrait la peine (et le coût)!

Le fort
Le Fort Ticonderoga a originalement été construit en 1755 par les Français à l’extrémité sud du lac Champlain (il s’appelait à ce moment-là Fort Carillon). Le fort contrôlait un lieu de portage important entre le lac Champlain et le lac George (« Ticonderoga » vient d’ailleurs d’un mot de la langue iroquoise signifiant « l’endroit entre deux cours d’eau »).
Le fort a été capturé par les Britanniques pendant la guerre de Sept Ans au 18e siècle, puis a été tranquillement laissé tomber en ruines. Le fort est redevenu le théâtre de batailles durant la Guerre de l’indépendance, cette fois entre les Britanniques et les Patriotes américains. Le fort a changé de mains quelques fois, mais les Britanniques l’ont éventuellement abandonné vers la fin de la guerre.

Comme il n’avait plus d’importance militaire, le fort a été laissé à l’abandon et les habitants locaux l’ont dépouillé d’une bonne partie de ses matériaux. Le fort a finalement été acheté dans les années 1820 pour devenir une propriété privée, jusqu’à ce qu’il soit restauré et devienne une attraction touristique au 20e siècle.
Visiter le Fort Ticonderoga, c’est donc un voyage à travers l’histoire militaire des États-Unis. Il est possible de visiter certaines pièces restaurées qui donnent un aperçu de ce à quoi la vie au fort pouvait ressembler au 18e siècle. Des interprètes costumés répondent aux questions et donnent l’impression de visiter un musée à ciel ouvert.

Pour la francophone que je suis, j’ai bien aimé trouver des traces de la présence française dans ce coin des États-Unis (plusieurs canons portent des noms français, et on retrouve même une référence à l’histoire du drapeau québécois dans l’une des expositions du musée). J’ai aussi beaucoup aimé la magnifique vue depuis le fort, sur le lac Champlain et les montagnes qui le bordent.

Les jardins
Après avoir visiter le fort, nous avons marché jusqu’au King’s Garden, quelques mètres plus loin. Des jardins existaient à cet endroit lorsque le fort était occupé par des militaires, mais après que la propriété ait été achetée par William Ferris Pell, celui-ci y a aménagé un arboretum et un pavillon sur les rives du lac.
Dans les années qui ont suivi, la famille Pell a loué la propriété à une série de locataires qui y ont exploité un hôtel ainsi qu’une ferme jusqu’au début du 20e siècle. Lorsque les travaux de restauration du fort ont commencé, Stephen H.P. Pell et sa femme Sarah ont transformé le pavillon en résidence d’été, et y ont aménagé les jardins ornementaux qui existent aujourd’hui.

Ceux-ci ont été baptisés King’s Garden, une référence au Jardin du Roi aménagé par les soldats français au 18e siècle.
Après le fort plutôt achalandé, les jardins nous ont apparu bien tranquilles. Nous avons aussi eu la surprise d’y voir un pygargue à tête blanche nourrissant son aiglon au haut d’une plateforme.

Le sentier de la bataille de Carillon
Une fois la visite du fort et des jardins complétés, nous avons décidé que nous avions encore un peu d’énergie pour faire de la randonnée. Il faisait extrêmement chaud, mais le sentier de la bataille de Carillon (Carillon Battlefield Trail) fait moins de 3 kilomètres et est plutôt plat, donc nous semblait une randonnée facile à faire malgré la chaleur.
Le sentier passe par le champ de bataille où, en 1758, les Britanniques ont attaqué les Français pour tenter de capturer le fort. Plus de 2000 soldats ont été tués ou blessés, ce qui en fait la bataille la plus sanglante des États-Unis, avant la Guerre de Sécession.

Il reste quelques traces visibles dans la forêt de la bataille, bien qu’il faut savoir où regarder (il est possible de télécharger un guide d’interprétation en ligne).
Ce n’était pas les Adirondacks, mais ce fut agréable de pouvoir se dégourdir les jambes sur un sentier avant de reprendre la route vers le Vermont! Cette visite du Fort Ticonderoga fut définitivement intéressante et nous a permis d’en apprendre un peu plus sur un lieu historique important des États-Unis!
À noter que le prix d’entrée pour le fort donne aussi accès au Mount Defiance, une petite montagne qui offre apparemment une magnifique vue sur le fort et les environs. Il est possible de conduire jusqu’au sommet, mais malheureusement pour nous, les VR ne sont pas permis sur la route de la montagne. Ce sera donc peut-être pour une prochaine fois!
2 commentaires