J’ai bien aimé mes randonnées récentes, mais je me sens comme si j’avais un peu négligé ma province natale au cours des dernières semaines. Par un dimanche ensoleillé, j’ai donc pris la route vers les Highlands de l’Ontario, question d’aller parcourir un sentier dans une région que j’aime beaucoup : le sentier Griffith Uplands dans la municipalité de Greater Madawaska.
En fait, chaque passage par la région du Madawaska, est pour moi un bon rappel que le paysage de l’Ontario est beaucoup moins plat que ce à quoi on pourrait s’attendre. C’est dans cette région où l’on retrouve, entre autres, les sentiers escarpés de Calabogie, que j’ai explorés à quelques occasions et que j’ai toujours bien aimés.
J’avais donc hâte de parcourir maintenant la Griffith Uplands Trail, un sentier de 9 kilomètres, décrit comme étant difficile. Je me suis rendue jusqu’à l’accès au sentier sur la Hyland Creek Road, pas loin de la sinueuse rivière Madawaska. Là, j’ai stationné ma voiture dans le tout petit terrain de stationnement qu’on y trouve, et je me suis lancée sur le sentier… ou plutôt, j’ai suivi les balises, puisque le sentier était un peu difficile à percevoir.

Les terres hautes de Griffith sont une zone d’intérêt naturel et scientifique, reconnue pour ses crêtes de marbre, ses plateaux rocheux et sa forêt unique. Je savais aussi que le sentier passait par quelques petites montagnes. C’est habituellement le genre de sentiers que j’aime, mais les premiers mètres m’ont fait douter de ma volonté à le parcourir. Le sentier était souvent recouvert de broussailles et j’en perdais parfois la trace à l’occasion.

Parcourir 9 kilomètres dans ces conditions ne m’apparaissait pas l’idéal et je suis passée vraiment près de rebrousser chemin. Mais j’ai décidé de persévérer un peu, pour voir si les conditions s’amélioreraient.
J’ai atteint le début de la boucle, que j’ai décidé de parcourir en sens horaire. Après m’avoir fait traverser un sentier de VTT, le sentier commence à prendre un peu d’élévation. Et à mesure qu’il montait, la végétation a commencé à se faire un peu plus clairsemée, j’ai atteint les crêtes rocheuses et j’ai compris alors l’attrait de ce sentier.

J’adore randonner sur des crêtes rocheuses, et après la forêt broussailleuse, c’était plutôt spécial d’arriver sur ces plateaux recouverts de lichens et d’arbustes. Au loin, entre les arbres, je pouvais apercevoir le paysage montagneux des Highlands de l’Ontario, de même que la rivière Madawaska.

Le sentier Griffith Uplands passe par quatre petites montagnes : les monts Lake, Buck, Spring et Godin. Ces monts ne sont pas très élevés (le mont Buck, à 402 mètres d’élévation, est le plus haut), mais le sentier escarpé offre définitivement un beau défi physique.

J’ai trouvé le sentier plus difficile à naviguer entre ces petites montagnes, quand il redescendait vers la forêt. À ces endroits, il était souvent recouvert de broussailles, ou de portions boueuses ou inondées. J’ai perdu sa trace à quelques occasions, m’obligeant à rebrousser chemin et à chercher avec attention les balises jusqu’à ce je retrouve le sentier.
Mais lorsque le sentier reprenait de l’élévation pour atteindre les plateaux rocheux, quel plaisir! La végétation clairsemée, les nombreux buissons de bleuets, les vues sur le paysage… Tous ces éléments me donnaient l’impression de randonner dans un environnement unique.

Selon moi, la plus belle vue se trouve vers la fin du sentier, alors que celui-ci passe par le mont Godin. À cet endroit, la végétation se dégage entièrement et il est possible, du haut de la falaise rocheuse, de voir s’étendre les collines de la vallée de la Madawaska, ainsi que le cours sinueux de la rivière Lower Madawaska, au loin. Je me suis assise à cet endroit pendant quelques minutes, afin de profiter du paysage et de la quiétude des environs.

Près de cet endroit, on retrouve aussi un arbre où quelques capteurs de rêve ont été suspendus. Je ne suis pas certaine de la signification particulière des nombreux artéfacts qu’on retrouve à cet endroit, mais c’est peut-être un rappel que le sentier se trouve sur les terres ancestrales des Algonquins Anishinaabe.

Après une descente abrupte, le sentier regagne le sentier de VTT, que j’ai suivi sur quelques mètres. Cette portion était sans doute la plus facile de toute la randonnée, même si on trouve, là aussi, quelques sections boueuses et inondées.
Puis j’ai regagné le sentier d’accès broussailleux (celui qui m’avait presque fait rebrousser chemin au début de la randonnée), et j’ai éventuellement regagné ma voiture. Le petit stationnement s’était rempli depuis mon départ sur le sentier, preuve que celui-ci est connu et fréquenté à l’occasion!
En tout, j’ai parcouru un peu plus de 9 kilomètres, avec un dénivelé vertical de 510 mètres. Et ce fut un bon rappel que l’Ontario regorge d’endroits magnifiques!