L’ascension de la montagne Noire à Saint-Donat

La montagne Noire. Juste le nom donne des frissons dans le dos. Si je vous disais en plus que le sentier est réputé difficile, qu’il s’agit de la plus haute montagne des environs et qu’on y retrouve la carcasse d’un avion de la Deuxième guerre mondiale qui s’y est écrasé dans les années 40, avouez que ça pique votre curiosité!

Ça avait certainement piqué la mienne, la première fois que j’ai lu un article sur la montagne Noire et l’écrasement du bombardier Liberator en 1943 (sur le blogue voyage de Matante A, blogueuse de Lanaudière). Comme j’étais de passage dans la région de Saint-Donat-de-Montcalm dans Lanaudière, la montagne Noire était haute sur la liste des randonnées que je voulais faire.

J’avais lu qu’il s’agissait d’un sentier difficile et comme j’avais trouvé éprouvante la randonnée au sommet du mont Ouareau la veille, je m’étais préparée mentalement. Ma belle-soeur Mireille et moi nous sommes rendues tôt au stationnement donnant accès au sentier. Nous avions fait le plein d’eau et de collations et nous nous sommes donné toute la matinée pour atteindre le sommet de 892 mètres.

Sentier Inter-Centre
On monte!

Finalement, est-ce bizarre de dire que je n’ai pas trouvé la randonnée si pénible? Oui, le sentier monte sans cesse (le dénivelé est de 450 mètres), mais la montée m’a semblé bien moins abrupte que celle du mont Ouareau. Peut-être que mon cardio s’était juste enfin habitué aux randonnées plus demandantes.

En route vers la montagne Noire
Que la forêt est jolie!

Il existe différentes façons de se rendre au sommet, et Mireille et moi avons opté pour emprunter le sentier de l’Inter-Centre plutôt que celui qui monte directement vers le sommet. Le sentier de l’Inter-Centre est un long sentier d’une trentaine de kilomètres qui relie Saint-Donat à Lac-Supérieur dans les Laurentides et qui fait partie du Sentier national. Comme il passe par le site de l’écrasement d’avion (que je ne voulais pas manquer), nous avons décidé d’emprunter ce tracé.

Le sentier de l’Inter-Centre nous a fait passer par un premier belvédère sur le lac Archambault, puis par un autre donnant sur le lac Lézard. Comme il était encore tôt dans la journée, nous n’avons croisé personne.

Vue sur le lac Archambault
Matin tranquille sur la montagne

Après plus de cinq kilomètres de marche, nous sommes finalement arrivées au site de l’écrasement d’avion.

Carcasse du bombardier Liberator
Ruines d’avion dans la forêt

En 1943, le bombardier Liberator de l’aviation canadienne a décollé de Gander à Terre-Neuve, en direction de l’aéroport de Mont-Joli au Québec, mais ne s’est jamais rendu à destination. Il faudra plus de deux ans avant que le mystère de cette disparition s’éclaircisse. En 1946, un avion de recherche militaire, à la recherche d’un autre avion porté disparu, a survolé la montagne Noire et a aperçu la carcasse du Liberator. Une expédition fut organisée pour traverser la dense forêt et se rendre jusqu’au site de l’écrasement. Les corps des 24 militaires décédés dans l’accident ont été enterrés sur place.

Aujourd’hui, les morceaux éparpillés de l’avion parsèment encore le sol de la forêt et donnent à l’endroit un air un peu lugubre. Un peu plus loin sur le sentier, on retrouve un petit cimetière et un monument rendant hommage aux militaires décédés. Comme le cimetière a été profané dans les années 80, les corps ont été déplacés et inhumés au cimetière de Saint-Donat. N’empêche, l’atmosphère du lieu invite au recueillement.

Cimetière sur le site de l'écrasement
Un cimetière sur la montagne

Il nous restait par la suite moins d’un kilomètre à faire avant d’atteindre le sommet. Ces derniers mètres ont sans doute été les plus difficiles (élévation prononcée, beaucoup de grosses roches et racines), alors nous étions plutôt fières lorsque nous sommes finalement arrivées au sommet. La vue depuis le sommet comme tel nous semblait peu impressionnante, jusqu’à ce que nous montions au sommet de la grande tour d’observation. De là, une vue à 360 degrés sur les montagnes de Lanaudière et des Laurentides, une vue décrite comme étant l’une des plus belles de la région.

Vue du sommet de montagne Noire
Une vue magnifique

Comme il commençait à y avoir de plus en plus de randonneurs sur le sentier, nous avons amorcé notre descente. Cette fois, nous sommes redescendues par le sentier de la Montagne Noire, qui nous a fait passer près du lac Crystal et nous a finalement amenées au refuge Le Mésangeai. Situé à 850 mètres d’altitude, ce refuge avait une si jolie vue que nous nous sommes dit qu’il vaudrait peut-être la peine de revenir un jour et de parcourir le sentier Inter-Centre en entier, question de profiter de ses refuges…

Refuge le Mésangeai
Refuge avec vue

À partir de ce point-là, le sentier s’est fait plus abrupt, plus boueux et plus glissant aussi. La descente nous a donc semblé un peu plus difficile que la montée. Nous avons aussi croisé beaucoup, beaucoup de randonneurs à la recherche du sommet ou du site d’écrasement. Nous nous sommes félicitées d’être parties tôt, ce qui nous a donné un peu de quiétude sur le sentier avant l’arrivée de la foule.

Plus de quatre heures après avoir commencé notre randonnée, nous sommes finalement revenues au stationnement (qui était à ce moment rempli à pleine capacité). Une randonnée ardue (quoique pas autant que je m’y attendais), qui restera longtemps parmi mes préférées!

Montagne Noire :
Altitude : 892m
Ascension : 450m
Sentier (boucle) : 13km
Accès : Stationnement sur le chemin Régimbald

3 comments

  1. J’arrive par ici avec quelques semaines de retard (j’avais enregistré ton article pour plus tard) et je lis avec beaucoup de bonheur ton ressenti sur cette montagne qui décrit bien mon expérience. Vrai qu’elle est plus facile que le mont Ouareau et que le dernier kilomètre est plus sportif. Ce mélange de nature et d’histoire lui donne un petit plus. Merci beaucoup pour la mention, c’est vraiment gentil!

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