La fois où je me suis pointée au téléphérique de Maokong pour finalement apprendre qu’il était fermé les lundis, j’ai dû rapidement modifier mes plans. Après avoir passé quelques heures au zoo, j’ai décidé de profiter de mon après-midi pour aller à Wulai.

Wulai est un village autochtone situé entre jungle et montagnes au sud de Taipei. C’est une escapade facile pour ceux qui veulent s’évader de la ville pour quelques heures et c’est aussi un endroit parfait pour en découvrir davantage sur les Atayals, les autochtones qui composent la majorité de la population à Wulai.

Pour se rendre à Wulai, rien de plus facile. Il suffit prendre le métro jusqu’à Xindian, au bout de la ligne verte. En sortant du métro, il faut se diriger vers l’arrêt à droite et prendre l’autobus 849. Wulai est le dernier arrêt, donc impossible de se tromper. Le trajet en autobus prend une trentaine de minute.

Dans l’autobus, il y avait un autre étranger avec qui je me suis mise à converser. Il était Canadien, comme moi, voyageait en solo, comme moi, mais à 69 ans, il avait beaucoup plus d’expériences de voyage que moi. Gerry (c’est son nom) et moi avons décidé d’explorer Wulai ensemble. J’adore voyager en solo, mais la solitude pèse un peu parfois, et j’étais heureuse d’avoir un compagnon pour l’après-midi.

Trente minutes d’autobus depuis Taipei, et nous nous sommes soudainement retrouvés dans un monde à des années-lumière de la ville.

Wulai, Taiwan
Bonjour Wulai

Gerry et moi voulions tous les deux voir la chute de Wulai, alors nous nous sommes mis en route aussitôt arrivés. Nous avons traversé le village puis avons suivi le sentier (ou plutôt la route) le long de la rivière qui devait nous mener à la chute. La rivière, de couleur turquoise, m’a bizarrement rappelé les rivières glaciales des Rocheuses canadiennes. Mais la jungle et la chaleur étaient une bonne indication que j’étais bien loin des glaciers de mon pays!

Wulai
Taiwan, que tu es belle

Ça nous a à peine pris quinze minutes pour arriver à la chute. D’une hauteur de 80 mètres, la chute s’écoule en douceur dans la gorge. Une plateforme d’observation permet de l’observer.

Wulai
La chute et la gorge

Il est possible de prendre un téléphérique pour monter au haut de la chute, où il y a, semble-t-il, un parc d’attraction, mais Gerry n’était pas très intéressé, et moi non plus. Nous avons décidé de nous attabler à une terrasse avec vue sur la chute pour déguster un bon thé glacé. Nous y avons passé près d’une heure, une heure au cours de laquelle Gerry m’a raconté les péripéties de sa longue carrière de voyageur.

Puis nous nous sommes promenés un peu dans les environs. La culture atayal est bien présente à Wulai, que ce soit dans les monuments, l’artisanat local ou la nourriture offerte. Comme dans plusieurs autres pays du monde, les autochtones de Taiwan ont souffert de tentatives d’assimilation, de pertes de langues et de problèmes socio-économiques. Il y a aujourd’hui une tentative de mettre en valeur ces cultures et de renforcer la fierté identitaire. Même si tout n’est pas rose, plusieurs communautés autochtones sont impliquées dans des initiatives de tourisme et d’écotourisme, comme à Wulai.

Wulai
La culture atayal est bien présente à Wulai

Gerry a proposé que l’on prenne le mini-train pour revenir vers la station d’autobus, ce que j’ai accepté. Celui-ci a été lourdement endommagé par un typhon il y a deux ans, mais il est aujourd’hui bien fonctionnel et même si je ne l’aurais sans doute pas pris si j’avais été seule, je dois avouer que le court trajet a quand même été amusant.

Il nous restait quelques minutes avant le départ de notre autobus et j’ai proposé à Gerry d’aller prendre une marche sur le pont suspendu qui menait de l’autre côté de la rivière.

Wulai
Les ponts suspendus semblent bien populaires à Taiwan

Il y avait là un temple dans lequel beaucoup de gens s’activaient. Sur les rives de la rivière, on faisait brûler des bandelettes de papier, offrandes pour l’au-delà. Dans le temple, une foule amassait des sacs de nourriture. Pendant ce temps, le soleil disparaissait tranquillement à l’horizon, donnant au ciel une couleur magnifique. Moment magique.

Wulai
Dernier regard sur Wulai

Il a fallu éventuellement repartir. Nous avons repris l’autobus vers Taipei, puis le métro vers le centre-ville. Gerry et moi sommes allés manger au marché de nuit de Ningxia, où il a continué à me raconter avec passion ses voyages. Et moi, rêveuse, je l’écoutais en espérant sincèrement que toute ma vie, je continuerais à avoir le même émerveillement pour le monde.

Puis nous nous sommes dit aurevoir et sommes repartis chacun de notre côté. Et je me suis dit que le voyage en solo, malgré toutes les angoisses qu’il peut parfois causer, permet de rencontrer des gens extraordinaires et de vivre des moments uniques.

 

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Rédigé par Vanessa

Voyageuse dans l'âme, lectrice avide et exploratrice passionnée! Franco-Ontarienne, présentement à Casselman, Ontario.

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