J’ai récemment visité le parc national de la Mauricie pour la toute première fois. Comme je n’y ai passé qu’une journée, je savais que je n’aurais pas le temps de parcourir tous les sentiers de ce vaste parc, mais je tenais absolument à y faire de la randonnée. J’ai finalement opté de parcourir le sentier du Ruisseau-Bouchard, accessible via l’entrée de Saint-Jean-des-Piles.
En fait, mon plan initial était de parcourir le sentier Mékinac qui longe la rivière Saint-Maurice, celle qui donne son nom au parc national et à toute la région. Malheureusement, une portion du sentier Mékinac était fermée lors de mon passage, me forçant donc à modifier mes plans. Je me suis donc tournée vers le sentier du Ruisseau-Bouchard, une randonnée de 9 kilomètres, classée intermédiaire, et qui, en plus, fait partie du défi 75S auquel je suis inscrite.
Il y a toujours quelque chose de magique d’entrer pour la toute première fois dans un parc national. J’y suis arrivée tôt un jour de semaine, et la route principale du parc était déserte. Je me suis rendue jusqu’au pavillon de services de la Rivière-à-la-Pêche, point de départ de plusieurs sentiers, et après avoir consulté la carte des environs, je me suis dirigée vers le sentier du Ruisseau-Bouchard, identifié par le chiffre 14 et la couleur orange.

Le parc national de la Mauricie protège un territoire de plus de 500 kilomètres carrés dans les montagnes laurentiennes, au nord de Shawinigan. On y trouve plus de 150 lacs et le sentier du Ruisseau-Bouchard permet d’en admirer quelques-uns, en plus de donner un bon avant-goût de la flore, de la faune et du paysage du parc national.
Sur ses premiers kilomètres, le sentier du Ruisseau-Bouchard emprunte le même parcours que deux autres sentiers : le sentier du Lac-Solitaire et le sentier du Lac-du-Pembina. Et dès le départ, le sentier s’est mis à grimper assez rapidement. Ça m’a surprise et ce fut un bon rappel que nous étions dans une région montagneuse.

Après cette première bonne montée, le sentier m’a offert un premier belvédère, avec vue au loin sur la rivière Saint-Maurice. Puis la montée s’est poursuivie pendant encore quelques mètres, jusqu’à ce que j’arrive à un autre belvédère, cette fois donnant sur le lac Solitaire. C’était vraiment de toute beauté!

Cette portion est particulièrement intéressante parce qu’une opération de brûlage a eu lieu en 2018 dans ce secteur afin d’aider à la forêt de pins blancs près du lac Solitaire de se regénérer. Le feu contrôlé a permis d’éliminer les espèces compétitrices des pins, tout en aidant à la germination et à la croissance des semences. Quelques tableaux d’interprétation expliquent cette méthode de restauration écologique.
J’ai beaucoup aimé le contraste entre les arbres brûlés, les jeunes pousses vertes et le bleu profond du lac. J’ai aussi beaucoup aimé les nombreuses crêtes rocheuses autour du lac!

Le sentier redescend ensuite vers la forêt, tout en continuant à suivre la rive du lac Solitaire. C’est près de cet endroit que j’ai croisé l’intersection avec le sentier du Lac-du-Pembina, qui poursuit sa route vers d’autres lacs du parc. Moi, j’ai continué à suivre le sentier du Ruisseau-Bouchard.
Le sentier passe près d’un mignon refuge sur le bord du lac, avant de recommencer à prendre de l’élévation. Je me suis une fois de plus retrouvée à randonner sur des crêtes rocheuses pour mon plus grand plaisir (ça paraît que le parc protège un échantillon du sud du Bouclier canadien). En fait, plus je progressais sur ce sentier, plus j’étais enchantée. Tous les éléments étaient réunis pour en faire une randonnée mémorable, et je ne pouvais arrêter de m’enthousiasmer devant la beauté des paysages et l’aménagement du sentier.

Et mon enthousiasme a atteint le summum quand je suis arrivée au sommet d’une autre crête rocheuse sur laquelle on retrouvait les fameuses chaises rouges, emblème officiel de Parcs Canada! Cet endroit offre une superbe vue sur le lac aux Chevaux. J’étais complètement seule à cet endroit, entendant seulement le croassement des grenouilles et le chant des oiseaux. Moment parfait.

Le sentier continue à longer le lac aux Chevaux pendant quelques mètres, offrant de nombreux points de vue sur celui-ci, tous aussi spectaculaires les uns que les autres. Le sentier a continué à être rocheux, avec plusieurs montées et descentes. Je commençais à avoir les jambes un peu fatiguées, mais en même temps, j’avais énormément de plaisir à suivre un sentier offrant un bon défi physique du genre.

Après le lac aux Chevaux, le sentier redescend dans la forêt et traverse la route principale du parc. De l’autre côté de la route, je suis arrivée au fameux ruisseau Bouchard, celui qui donne son nom au sentier. Le sentier longe celui-ci pendant près d’un kilomètre, et bien que le ruisseau ne soit pas très large, on y retrouve à certains endroits quelques petites chutes. Pas aussi impressionnantes que les chutes Swaggin et Bouleau que j’avais vues la veille, mais c’était quand même bien charmant.

Après une dernière bonne montée, le sentier reste plat et facile à suivre dans ses derniers mètres. J’y ai croisé un porc-épic, mais aucun autre randonneur (en fait, je n’ai pas croisé d’autres randonneurs pendant tout le temps que j’étais sur le sentier). J’ai finalement regagné le pavillon de services de la Rivière-à-la-Pêche, un peu moins de 3 heures après avoir commencé ma randonnée.
En tout, j’ai parcouru 9 kilomètres, avec un dénivelé de 452 mètres. Et j’ai eu un gros coup de cœur pour ce sentier. Une randonnée physique dans une jolie forêt, avec des nombreux points de vue sur un paysage magnifique, des chutes et même un porc-épic. Difficile de demander mieux! Et ça me donne encore plus envie de revenir visiter le parc national de la Mauricie un jour!
2 commentaires