Mon expérience de randonnée à Maokong m’a plutôt marquée et dès mon retour à mon auberge, je me suis mis en quête de trouver d’autres randonnées à faire autour de Taipei. Je me suis tournée vers mon Lonely Planet et j’ai décidé que je voulais tenter de partir à la recherche des chutes de Sandiaoling.

Après une brève recherche, j’ai appris que la façon la plus facile de se rendre à Sandiaoling était via la ligne de chemin de fer Pingxi. Construite au début du XXe siècle par les Japonais, la ligne de 13 kilomètres servait auparavant au transport du charbon. Elle fait aujourd’hui la joie des touristes.

Depuis Taipei, je me suis rendue en train à Ruifang où j’ai acheté une passe d’une journée pour la ligne Pingxi. Elle coûte peu et permet de faire autant d’arrêts que l’on veut sur la ligne. Tant qu’à aller à Sandiaoling, autant en profiter pour explorer un peu les environs!

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Carte des arrêts sur la ligne

Premier arrêt : Houtong

Le premier arrêt sur la ligne Pingxi est Houtong (猴硐). Houtong signifie littéralement grotte du singe, mais ce n’est pas pour ses singes que Houtong est reconnue, plutôt pour ses chats! Baptisée Cat Village, Houtong est un véritable paradis pour ceux qui aiment bien ce petit félin parce qu’ils y sont partout!

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Bienvenue au Cat Village!

Houtong est un village qui a été plutôt prospère lorsqu’il vivait de l’industrie du charbon. Près de 6000 personnes y vivaient, sur les rives de la rivière Keelung. Dans les années 90, l’industrie du charbon a commencé à décliner et beaucoup de gens sont partis, laissant parfois leurs animaux de compagnie derrière eux. Houtong est devenu un village fantôme, hanté par plusieurs chats errants.

Puis des bénévoles ont commencé à prendre soin des chats. Le bruit s’est répandu, et bientôt Houtong est devenu l’endroit où amener les chats abandonnés. De curiosité locale, Houtong est vite devenu une attraction touristique. En plus d’héberger plus de 200 chats errants, le Cat Village compte aussi plusieurs cafés, restaurants et boutiques thématiques.

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Chats, chats, chats

Le village est séparé en deux par le chemin de fer. D’un côté (le côté de la rivière), on retrouve les ruines d’anciennes machineries pour le traitement du charbon et plusieurs panneaux explicatifs (avec traduction anglaise) sur l’histoire industrielle de Houtong. De l’autre côté du chemin de fer, on retrouve le village lui-même, avec ses boutiques et ses cafés. Un pont couvert relie les deux parties. Et partout, des chats.

J’aime beaucoup les chats. Mais après une heure à marcher autour du village et à flatter ceux qui se laissaient approcher, j’en avait un peu assez. J’aurais pu m’installer dans un café pour flâner et flatter d’autres chats, mais j’avais des chutes à aller trouver.

Deuxième arrêt : Sandiaoling

Le train avait beau être rempli de touristes, je suis la seule personne à être débarquée à Sandiaoling (三貂嶺). Comme je m’étais renseignée un peu avant d’arriver (pour éviter de chercher mon sentier comme à Maokong), je savais dans quelle direction aller. Après être passée par la gare minuscule, j’ai suivi le chemin de fer en direction du village, l’ai traversé, puis me suis retrouvée face à l’escalier qui allait me mener au sentier (il y a des signes et des cartes des sentiers, donc ce n’est pas trop compliqué de se retrouver).

Je n’ai pas vraiment les mots pour décrire le sentiment d’exaltation qui m’habitait à l’idée de me retrouver complètement seule sur un sentier dans la jungle. Je me sens comme une petite fille qui s’émerveille à la vue de chaque papillon, de chaque oiseau ou de chaque insecte étrange dont j’ignore le nom.

Le sentier n’est pas trop difficile et après environ 30 minutes de marche, je suis arrivée à la première chute, la chute Hegu.

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Chute, jungle et montagne: bonheur

Seule une plateforme permet d’observer la chute de loin, le sentier ne s’en approchant pas.

Pour atteindre la seconde chute, il faut marcher pendant 30 minutes de plus. Le sentier devient un peu plus tortueux, passant par-dessus deux ponts suspendus en corde. J’ai croisé une demi-douzaine de randonneurs, mais autrement, le sentier est bien tranquille.

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Pont quelque peu branlant…

Avant d’arriver à la seconde chute, un serpent m’a causé une bonne frousse en passant sur le sentier tout près de moi. Il s’est arrêté pendant quelques instants, et alors que je me demandais si je devais continuer à avancer ou rebrousser chemin (et si j’avais devant moi un serpent venimeux ou pas), il a finalement repris tranquillement son chemin.

C’est donc avec un pas un peu plus craintif que je suis arrivée à la deuxième chute, la chute Motian. D’une hauteur de 30 mètres, il est possible de s’approcher un peu plus près d’elle que de la chute Hegu.

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Oui, j’ai fait ma randonnée en jupe

Le sentier continue jusqu’à une troisième chute qui n’est pas très loin, mais la montée est un peu plus escarpée et difficile. Je n’avais pas de bons souliers de randonnée et le serpent m’avait rendue nerveuse, j’ai donc décidé de revenir sur mes pas.

J’ai raté le train de 15 minutes et comme celui passe une fois par heure, j’ai dû attendre pendant un long moment dans la petite salle d’attente avec pour seul compagnon le chef de gare.

Troisième arrêt : Shifen

J’étais peut-être la seule touriste à Sandiaoling, mais j’ai l’impression que tout le monde est débarqué à Shifen (十分). Shifen est sans doute l’arrêt le plus populaire sur la ligne Pingxi. Comme pour Houtong et Sandiaoling, Shifen est aussi un village né de l’industrie du charbon mais ici, le chemin de fer occupe une place centrale. Le marché est construit des deux côtés de la voie ferrée, que les gens traversent allégrement. Aussitôt le train passé, la voie ferrée devient une petite place publique sur laquelle les touristes lancent vers le ciel des lanternes chinoises.

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Shifen vit autour de son chermin de fer

J’ai trouvé Shifen bien mignonne avec ses petites rues, ses petits kiosques et surtout ses bâtiments presque collés sur le chemin de fer. J’ai moins aimé le fait qu’il y avait beaucoup (trop) de touristes. Après la tranquillité de Sandiaoling, Shifen fut presque déstabilisante.

Il y aussi une chute à Shifen. Située à une vingtaine de minutes à pied de la gare il est assez facile de s’y rendre (malgré les chauffeurs de taxi qui essaient de vous convaincre que la marche est trop longue) grâce à un sentier le long de la rivière. La chute de Shifen est la plus large de Taiwan. Il y a plusieurs plateformes pour l’observer, et beaucoup de touristes, là aussi.

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Une troisième chute pour conclure la journée!

Pingxi et au-delà

J’aurais pu continuer mon parcours sur le chemin de fer Pingxi, entre autres vers le village de Pingxi lui-même, reconnu pour être l’endroit par excellence pour lancer une lanterne chinoise vers le ciel, ou encore me rendre jusqu’à Jintong, dernier village sur la ligne. Mais le train que j’ai manqué à Sandiaoling m’a mise en retard sur l’horaire que j’avais prévu, et comme je devais retourner à Ruifang et ensuite à Taipei, j’ai décidé de prendre le chemin du retour.

Mais trois chutes, trois villages et beaucoup de chats, ça me semble une journée bien réussie!

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Rédigé par Vanessa

Voyageuse dans l'âme, lectrice avide et exploratrice passionnée! Franco-Ontarienne, présentement à Casselman, Ontario.

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