Je reviens tout juste d’un road trip aux États-Unis qui m’a permis d’explorer différents sentiers en Virginie, en Caroline du Nord et en Caroline du Sud. Mais surtout, j’ai pu faire une chose dont je rêvais depuis longtemps : randonner et camper au parc national de Shenandoah.
Situé en Virginie, le parc national de Shenandoah protège une partie des montagnes du Blue Ridge de cet état. Ce parc long et étroit s’étend sur 169 kilomètres entre Front Royal (au nord) et Waynesboro (au sud) et offre de superbes points de vue sur la vallée de la Shenandoah et sur le Piedmont de la Virginie.
Comme le parc comprend aussi plus de 800 kilomètres de sentiers et que je n’allais qu’y passer une seule nuit, je savais que je n’aurais la chance que d’en explorer une infime partie. Mais ce premier court séjour au parc national de Shenandoah m’a permis d’en obtenir un petit aperçu.

Un peu d’histoire
Le parc national de Shenandoah a vu le jour dans les années 30, alors que certains politiciens et développeurs cherchaient à donner aux résidents de l’est des États-Unis accès à la même expérience grandiose que celle des parcs nationaux de l’ouest du pays. Dès 1901, un projet de créer un parc national dans les Appalaches est présenté au Congrès américain, mais ça prendra encore quelques décennies avant que les fonds nécessaires pour la création du parc soient amassés.
À l’époque, la majorité des terres où se trouve aujourd’hui le parc national de Shenandoah étaient des propriétés privées. Le gouverneur de la Virginie Harry F. Byrd a convaincu la législature de l’état d’accorder 1 million de dollars afin d’acquérir les terres et d’y effectuer les travaux nécessaires pour la création du parc. Puis l’état a lentement commencé à acheter les terres, se heurtant parfois à des refus de familles qui y habitaient depuis quelques générations.
Le parc national de Shenandoah a finalement ouvert officiellement ses portes en 1936. Si la nature a aujourd’hui repris ses droits et que les fermes, vergers et champs d’autrefois ont disparu, des traces du passé de l’endroit peuvent encore être aperçues dans la forêt mixte des montagnes. Il est aussi possible d’en apprendre plus sur l’histoire de la création du parc national en visitant le centre des visiteurs Harry F. Byrd, Sr, situé au centre du parc.

La Skyline Drive
Lorsque je visite un parc national aussi grand, je me demande toujours par où commencer. Au parc national de Shenandoah, la réponse est simple : tout commence par la route Skyline, qui est sans doute l’attraction principale du parc. Cette route qui serpente sur toute la longueur du parc, de son entrée nord à son entrée sud, attire plus d’un million de visiteurs à chaque année.

Notre plan initial était de commencer à suivre la Skyline Drive à partir de Front Royal, à l’extrémité nord du parc. Mais un feu de forêt qui s’est déclenché la semaine avant notre visite a forcé la fermeture d’une section de la route temporairement, ce qui nous a poussé à modifier nos plans. Nous sommes donc entrés au parc par l’entrée Thornton Gap, et avons suivi la Skyline Drive jusqu’à Big Meadows, où se trouvait notre terrain de camping.
Et bien que j’avais surtout hâte de visiter le parc national de Shenandoah pour ses sentiers de randonnée, j’avoue que la conduite sur la Skyline Drive m’a complètement époustouflée. La route serpente dans les montagnes à une hauteur vertigineuse (à son plus haut point, elle atteint une élévation de 1 121 mètres), offrant des paysages majestueux à perte de vue. Il faut conduire lentement comme la route est sinueuse et qu’il y a de bonnes chances pour que vous y croisez des cerfs de Virginie (l’une de la cinquantaine d’espèces de mammifères qu’on retrouve dans le parc).
Heureusement, la Skyline Drive donne envie de prendre son temps, et ce ne sont pas les belvédères où s’arrêter qui manquent! La route sert aussi de point de départ pour de nombreux sentiers de randonnée (dont le sentier vers le sommet du mont Hawksbill, la plus haute montagne du parc).

Camper à Big Meadows
Nous avons choisi de camper à Big Meadows comme ce terrain est l’un de ceux qui ouvrent tôt en saison (nous étions de passage à la fin mars, alors certains des terrains de camping étaient encore fermés) et aussi comme il est situé au centre du parc, près du centre des visiteurs Byrd. Les sites ne sont pas très grands, alors j’avais un peu peur qu’ils offrent peu d’intimité, mais finalement, ce ne fut pas trop mal.

Mais ce que j’ai aimé le plus de camper à Big Meadows, c’est la proximité de plusieurs sentiers de randonnée. La fameuse Appalachian Trail passe tout près et nous en avons profité pour en parcourir une petite partie. De notre site de camping, j’ai aussi suivi le sentier Story of the Forest (un sentier plutôt facile où j’ai croisé plusieurs cerfs), de même que le sentier menant au sommet de Blackrock (qui offre un superbe point de vue sur la vallée de la Shenandoah).

Après cette première nuitée réussie à Big Meadows, il nous a malheureusement fallu reprendre la route. Nous avons continué à suivre la Skyline Drive vers le sud (en continuant à éviter les nombreux cerfs le long de la route), puis nous sommes sortis du parc à Swift Run Gap, en direction de la vallée de la Shenandoah. À regret, j’ai dit aurevoir au parc national. Mais je sais déjà que je reviendrai!

À noter – Il faut payer un frais d’accès pour entrer au parc national de Shenandoah (au moment où j’écris ces lignes, ceux-ci sont de 30$ par véhicule) et ceux-ci ne sont pas inclus dans les frais du camping. Le parc est ouvert toute l’année, mais certaines des installations et les terrains de camping sont fermés pendant l’hiver.
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