Enfin, le printemps commence à se pointer le bout du nez! Le beau temps me donne toujours envie de prendre la route, alors j’en ai profité pour aller faire un tour à Manotick pour la première fois. Ce village au sud d’Ottawa est traversé par la magnifique rivière Rideau et compte quelques édifices historiques, dont un vieux moulin encore fonctionnel aujourd’hui.

J’ai déjà écrit sur l’importance du canal Rideau dans l’histoire de la région. Manotick est un autre de ces villages nés des suites de la construction du canal. On doit sa création à Moss Dickinson, homme d’affaires et politicien de la région. On raconte qu’à l’âge de 10 ans, Moss Dickinson a assisté à l’inauguration du canal en compagnie de son père et en est revenu grandement impressionné. À l’âge adulte, le canal est devenu son gagne-pain, car il a fait fortune en exploitant une compagnie de barges et de bateaux qui approvisionnaient les villages le long du canal entre Ottawa et Kingston.

Le moulin de Manotick

En 1859, Dickinson et son partenaire d’affaires Joseph Currier décident de construire un moulin sur les rives du canal pour exploiter l’énergie hydraulique de ses eaux. Finalement, c’est une série de moulins qui seront construits (moulin à farine, moulin à scie, moulin à laine et moulin à cardes). Dickinson achète aussi des terrains environnants pour les reconvertir en lots résidentiels et jette ainsi les bases du village de Manotick, un mot Algonquin qui signifie « île ».

Le moulin Watson à Manotick

Les moulins prospèrent et permettent rapidement à Manotick de devenir un point tournant du commerce dans la région. Apparaissent tranquillement des églises, des magasins généraux et divers petits commerces où venaient s’approvisionner les fermiers des environs.

L’histoire n’est toutefois pas que joyeuse. Un an après la construction du moulin à farine, le co-propriétaire Joseph Currier épouse la jeune new-yorkaise Ann Crosby. Un mois plus tard, au retour de leur lune de miel, le couple de nouveaux mariés prend part aux célébrations soulignant la première année fructueuse du moulin. Pendant la soirée, la robe d’Ann s’empêtre dans l’une des turbines du moulin et elle se retrouve propulsée à toute vitesse contre un pilier. La jeune femme de 20 ans meurt sur le coup. Joseph Currier, grandement affecté par la tragédie, a par la suite vendu toutes ses parts dans l’entreprise et a quitté Manotick. On raconte aujourd’hui que le fantôme d’Ann hante encore le deuxième étage du moulin…

Le moulin Watson à Manotick

Les moulins du complexe n’ont pas tous survécus aux aléas du temps. Certains sont disparus à la suite d’incendies, d’autres ont éventuellement été détruits parce qu’ils n’étaient plus rentables. Le moulin à farine a quant à lui changé de mains quelques fois avant d’être acheté dans les années 70 par la Rideau Valley Conservation Authority qui a décidé de le restaurer pour mettre en valeur son importance historique. Le Watson’s Mill (le moulin porte le nom de son dernier propriétaire, Harry Watson) fonctionne encore aujourd’hui et il est possible de le visiter l’été pendant qu’il est en opération.

Plusieurs panneaux explicatifs autour du moulin et sur les rives du canal Rideau expliquent l’histoire des environs. Il est possible de traverser à pied le barrage qui alimente le moulin en énergie et ainsi profiter de la vue magnifique sur le canal. Pendant que vous y êtes, levez les yeux vers les fenêtres du deuxième étage du moulin. Qui sait, vous y verrez peut-être un fantôme…

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Rédigé par Vanessa

Voyageuse dans l'âme, lectrice avide et exploratrice passionnée! Franco-Ontarienne, présentement à Casselman, Ontario.

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