Pendant mes études universitaires, je travaillais l’été pour un petit hebdomadaire à Hawkesbury, dans l’Est ontarien. Le bureau était alors situé sur la rue principale, et à chaque midi je traversais une partie du pont du Long-Sault pour aller prendre ma pause-dîner dans le parc de la Confédération, situé sur l’île du Chenail. Il n’y avait pour moi aucun endroit plus paisible que celui-ci. Je pouvais contempler à ma guise la rivière des Outaouais, bordée d’un côté par la ville de Hawkesbury et de l’autre par les montagnes des Laurentides.

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Le parc de la Confédération sur l’Île du Chenail

Au fil de mes étés, j’en ai appris plus sur l’endroit. J’ai été surprise d’apprendre que l’île, sur laquelle on ne retrouve aujourd’hui qu’une maison en pierre et un vaste parc, est un peu, en fait, là où est née la ville. Pendant mes pauses-dîner par la suite, j’essayais de m’imaginer à quoi ressemblait l’endroit alors, lorsque de nombreuses personnes y vivaient et y gagnaient leur vie.

Une scierie a été construite à la fin du 17e siècle sur l’île du Chenail, mais c’est vraiment lorsque la famille Hamilton en prend possession en 1811 que celle-ci prend véritablement son essor. À l’époque, la rivière des Outaouais était un carrefour important pour l’industrie forestière. L’emplacement de l’île était donc idéal et la scierie a rapidement pris de l’expansion. À son apogée, elle employait plus de 1000 personnes et étaient l’une des plus importantes au Canada. Le bois qui en sortait était bien souvent expédié à Liverpool, en Angleterre.

Sur l’île, il n’y avait pas que la scierie. Certains travailleurs et leur famille s’y sont installés dans ce qui est éventuellement devenu le quartier du Chenail. Sur la terre ferme, le village de Hawkesbury a grandi et d’autre industries (dont celle des pâtes et papiers) sont venues s’ajouter à l’économie florissante de l’endroit.

La crise économique des années 30 a toutefois donné un dur coup à l’industrie forestière. Puis, dans les année 50, la construction du barrage de Carillon, plus à l’est sur la rivière, a sonné le glas pour la communauté de l’île du Chenail. Comme le niveau des eaux de la rivière des Outaouais allait monter (diminuant ainsi la superficie de l’île), la cinquantaine de familles qui y habitaient furent expropriées et leurs résidences démolies.

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La Maison de l’Île

Seul l’édifice qui abritait les bureaux administratifs de la scierie subsiste aujourd’hui (on l’appelle la Maison de l’île). Un pavillon et quelques panneaux historiques y ont été construits, mais il est toujours difficile d’imaginer que ce grand parc tranquille a un jour foisonné d’activités.

On y va pour:

  • profiter du parc et de la vue magnifique sur la rivière des Outaouais et les Laurentides
  • faire du kayak autour de l’île l’été
  • voir la Maison de l’île pour en savoir plus sur l’histoire de l’endroit
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Rédigé par Vanessa

Voyageuse dans l'âme, lectrice avide et exploratrice passionnée! Franco-Ontarienne, présentement à Casselman, Ontario.

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